les enfants font notre bonheur

 

 

N’importe quel parent sait que les enfants exigent beaucoup de travail. Certes, élever des enfants compte beaucoup de moments gratifiants, mais, la plupart du temps, on s’occupe dans la monotonie et le dévouement  de gens qui mettront des dizaines d’années avant d’exprimer (s’ils le font un jour) l’ombre d’une reconnaissance, même réticente.

Alors, si avoir des enfants est une tâche aussi ingrate, pourquoi en avoir une vision aussi rose ?

Parce qu’on passe nos journées avec les actionnaires de la société – nos mères, nos oncles, nos profs de gym, lesquels nous transmettent une idée qu’ils croient vraie, mais qui ne doit pas le succès de sa propagation à son exactitude. « Les enfants font le bonheur » est un super-réplicateur.

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La chaine de transmission des croyances dont nous sommes un maillon ne pourrait fonctionner si elle n’était pas constamment alimentée en individus transmetteurs. Si la croyance selon laquelle les enfants font le bonheur est devenue partie intégrante de notre sagesse populaire, c’est simplement qu’une croyance contraire minerait toute société qui l’adopterait. En effet, si on croyait les enfants source de malheur et de désespoir, on arrêterait d’en avoir et, en une cinquantaine d’année, la chaîne de transmission des croyances serait hors service : on aurait liquidé la croyance qui nous liquiderait. Les shakers, une communauté rurale utopiste surgie dans les années 1800 ; ont compté, à un moment donné de leur histoire environ 6 000 membres. Ils étaient pour les enfants, mais contre l’acte qui préside la création. Avec le temps, leur stricte croyance dans la chasteté a provoqué leur déclin : aujourd’hui, il ne reste plus qu’une poignée de vieux shakers et ils n’ont plus personne à qui transmettre leur croyance.

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Le jeu de la transmission est truquée afin de nous obliger à croire que les enfants et l’argent font le bonheur ; peu importe la validité de la croyance. Cela ne signifie pas qu’il faille donner sa démission à son patron ou abandonner sa famille.

Non, cela signifie que nous croyons élever des enfants et gagner un salaire pour augmenter notre bonheur alors qu’en réalité nous le faisons pour des raisons qui nous  dépassent.

Nous sommes le maillon d’une chaine sociale qui a sa logique propre.

C’est pourquoi on continue à trimer, s’accoupler et s’étonner de ne pas ressentir un bonheur si naïvement entrevu.

Extrait de « Et si le bonheur vous tombait dessus », Daniel Todd Gilbert, Edition Robert Laffont etsilebonheurnoustombaitdessus

Daniel Todd Gilbert, professeur de psychologie à l’université d’Havard est en 1957. Son livre « et si le bonheur vous tombait dessus » (stumbling on happiness) est un best seller international traduit en plus de 25 langues. Il voulait à l’âge de 19 ans déjà devenir écrivain de science fiction mais le hasard la conduit vers des études et un doctorat de psychologie. Il a obtenu de nombreuses récompenses pour ses travaux de recherche en psychologie sociale.

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